Cannabis en France : un paradoxe
En 2018, la France était le pays leader en Europe en matière de consommation de cannabis, mais par ailleurs, sa législation est particulièrement sévère à l’égard de cette plante.
Au cours des dernières années, le CBD a commencé à se démocratiser à l’international et se rapproche maintenant de la France, accompagnée de modifications récentes de la législation sur le cannabis et le CBD.
Nous vous fournissons ici des informations relatives à ce sujet de société fascinant.
La législation actuelle sur le cannabis en France
La consommation et la détention de cannabis en France sont régies par la Loi du 31 décembre 1970, qui traite des mesures sanitaires pour combattre la toxicomanie et de la répression liée au trafic et à l’usage illicite de substances toxiques.
Avec le temps, cette loi a évolué, et aujourd’hui, la possession ou la consommation de cannabis entraîne une amende de 200 €, qui peut grimper à 450 € si elle n’est pas payée dans les 45 jours.
Il est formellement interdit de conduire en ayant consommé du THC, les tests salivaires détectant même des traces minimes. Ainsi, même après plus de 24 heures sans consommation, vous pouvez toujours être positif lors d’un contrôle routier.
Pour le trafic de stupéfiants, y compris le cannabis, les sanctions peuvent aller jusqu’à 20 ans de prison et des amendes pouvant atteindre 7 500 000 €.
Le recours à un suivi médical est souvent exigé lors de condamnations pour usage de stupéfiants pour aider à la cessation de la consommation.
Différences entre le CBD et le THC
Le CBD et le THC sont souvent confondus car ils proviennent tous deux de la plante de cannabis.
Les variations de cannabis contenant CBD et THC ressemblent beaucoup, car ce sont des variétés compatibles. Les plantes de CBD contiennent faible taux de THC (moins de 0.3 %), tandis que celles de THC possèdent un peu plus de CBD (entre 1 et 5 %).
Cependant, ces deux cannabinoïdes sont totalement distincts et ont des effets variés.
La principale différence réside dans le fait que le CBD n’a pas d’effets psychotropes, contrairement au THC. Ce dernier est psychoactif, ce qui peut engendrer un état d’euphorie, raison pour laquelle il est catalogué comme stupéfiant.
Le CBD, avec son effet léger de détente et de relaxation musculaire, est aujourd’hui vu comme un produit de santé et de bien-être, aux multiples bénéfices.
Évolutions législatives concernant le CBD en 2022
Le 20 juillet 2021, un arrêté modifiant l’article R. 5132-86 du code de la santé publique a été soumis par la France à la Commission Européenne.
Ce texte propose d’élargir l’utilisation du cannabis, y compris du cannabidiol, connu sous le nom de CBD.
Dans un délai de trois mois, la Commission Européenne et les États membres examineront ce dossier, abordant particulièrement : “l’autorisation de culture, d’importation, d’exportation et d’utilisation commerciale du chanvre, sous certaines conditions, concernant toutes les parties de la plante.”
Bien qu’aucun texte formel n’a jusqu’alors autorisé la vente ou la consommation de CBD, la Commission Européenne avait toléré la situation après l’affaire “Kanavape”. En effet, la Cour de justice de l’Union européenne a rendu un verdict favorable à la légalisation du CBD.
Depuis cette décision, le CBD ne fait plus partie des produits stupéfiants et peut circuler librement au sein de l’Union Européenne, à condition qu’il soit légalement produit dans un des pays membres.
Cependant, de nombreux entrepreneurs et commerces souhaitant investir dans ce secteur se sont retrouvés en difficulté à cause de l’absence de réglementation adéquate sur le marché français.
Aujourd’hui, le CBD n’est plus considéré comme un stupéfiant sur le territoire français, tandis que la prochaine étape consiste en l’élaboration des normes encadrant les divers produits à base de CBD (huiles, e-liquides, cosmétiques, aliments).
L’arrêté stipule déjà l’interdiction de la vente des fleurs de CBD : “la vente aux consommateurs de fleurs ou de feuilles brutes sous toutes leurs formes, seules ou en mélange avec d’autres ingrédients, notamment comme produits à fumer, tisanes ou pot-pourris […] est interdite.”
Cette interdiction est justifiée par la similarité visuelle et tactile entre les fleurs de CBD et de THC, rendant trop coûteuses et contraignantes les fournitures pour les forces de l’ordre pour des tests de qualité.
Par conséquent, la vente de fleurs de CBD reste donc interdite pour le moment.
Conclusion : quelles attentes pour le CBD en France ?
Le marché du CBD en France, comme à l’échelle mondiale, connaît une croissance rapide. Les gouvernements commencent à aborder ce sujet avec sérieux et travaillent sur une réglementation relative à son usage, sa consommation, sa commercialisation et sa production.
Bien que ces changements ne se concrétisent pas immédiatement, la tendance semble s’orienter vers une acceptation du CBD à des fins thérapeutiques, tant pour la société que pour les décideurs.
Cependant, comme pour tout grand changement, le processus peut requérir du temps, et il faudra attendre plusieurs mois, voire des années, avant que ces adaptations ne se répercutent dans la société et dans nos vies quotidiennes.


